Ô toi, splendide peau de carotte! Et vous, incommensurables feuilles-de-salades-un-peu-jaunies-ou-carrément-pourraves! Venez, venez et remplissez ce récipient de la vie qu’est le compost ! Unissez vous aux coquilles d’oeuf, sachets de thé et ignobles restes qui ont péri dans le frigo à force de trop attendre (oui bon, ça arrive même aux meilleurs), unissez-vous et devenez, par ce magnifique procédé de putréfaction aérobie, du COMPOST.

Oui c’est de la terre, en gros. Mais de la terre vachement riche, uniquement organique. Une sorte d’humus, bien sombre, qui sent bon la vie et qui fait le bonheur de votre jardin.

Moi j’ai grandi à la campagne, dans une maison avec un jardin. On a toujours fait du compost. C’est juste de vieilles traverses de chemin de fer empilées les unes sur les autres pour former un gros bac. Pas de couvercle. On y entasse les déchets organiques, ils se décomposent, on récupère le compost par le bas. LA BASE. Et ça a toujours été ultra naturel de ne pas jeter quelque chose d’organique dans la poubelle. J’y aurais même pas pensé toute seule! C’est dire si j’étais naïve…
Mais j’ai grandi, j’ai vécu en ville, j’ai été outrée par l’absence de ramassage des déchets organiques. Dans mon petit village il y a un ramassage, avec poubelles mises à disposition et sachets biodégradables. Je pensais que c’était normal, en fait c’est un luxe. #déception

Et oui, pour certains, c’est une aberration, pour d’autre c’est un geste naturel. Le fait reste : jeter des épluchures à la poubelle, c’est y jeter de la terre et de l’eau. Pas normal les gars !
Enfin bref.


Qu’est-ce donc que ceci que le compost et comment que c’est qu’on le fabrique donc, pardi !?

Alors oui dans l’ensemble c’est très simple, je l’ai même déjà dit plus haut : on laisse faire la nature, les trucs pourrissent et donnent de l’engrais. Yay !

En pratique : L’idéal, c’est d’avoir un jardin. Hun. Tout le monde n’en a pas, on verra plus tard pour nos amis les citadins.

  • Home made :
    Le plus simple, le moins « prise de tête » : le compostage en tas. On met tout ur un tas et on attend. C’est pas ultra esthétique mais c’est une manière de fonctionner, surtout pour les grands potagers avec beaucoup de déchets verts.Sinon, dans notre jardin, on forme un bac sans fond avec de vieilles poutres, de vieilles planches, une vieille palette à l’abandon ou que sais-je, un truc en bois pour faire plus rustique, et je précise « vieux » devant chaque matériau parce que c’est encore plus cool de faire du compost en récupérant des choses laissées pour inutiles. J’aime bien les trucs cool.
    On prévoit le bac en fonction de la quantité de matière qu’on va y déposer : pour un ménage à une ou deux personnes, le bac sera nettement plus petit que pour une famille nombreuse avec grand jardin (donc plein de mauvaises herbes, tailles d’arbustes…). Si le bac est trop grand pour l’utilisation que vous en faites, la matière déposée sera trop exposée au soleil et risque de ne pas être assez humide.

    On fabrique un petit système de porte ou tout simplement une planche amovible à la base du bac, sur un seul côté : il servira à récupérer le compost une fois prêt.

    On peut aussi rajouter un couvercle, mais je ne pense pas que ce soit indispensable. C’est peut être plus joli fermé ! À vous de voir.

    Important : la dégradation de la matière doit se faire aérobie ( en clair : en présence d’oxygène, donc dans un environnement aéré) ! Il s’agit d’une fermentation due à des bactéries, qui ont donc besoin d’air pour vivre. En principe dans un jardin, on est plutôt à l’air libre, mais il faut penser à ne pas entièrement-parfaitement-étanchement serrer les planches de votre bac à compost, l’air doit pouvoir y circuler un minimum. Pareil pour l’éventuel couvercle, l’hermétisme n’est pas conseillé.
    Il serait donc aussi important de le mélanger régulièrement (une fois par semaine je dirais), pour ne pas qu’il se compacte de trop.
    Le processus de fermentation va naturellement produire de la chaleur.

    Si votre composteur est posé à même la terre (je vois pas pourquoi on le mettrait autre part…), il va vite être plein de vers rouges, et c’est une très bonne chose! Ils indiquent que votre compost est en de bonnes voies, et ils participent même activement à la décomposition.

  • Pas home made :
    Si vous ne vous sentez pas de bricoler, ou si vous n’avez tout simplement pas le temps (ou pas l’envie), il existe des composteurs en plastiques ou en bois tout prêts, avec couvercle et porte et tout, à poser dans le jardin. On en trouve dans tout magasin de bricolage ou de jardinage qui se respecte! Exemples : botanictruffaut et sûrement plein d’autres!Le procédé est le même que pour une fabrication maison, bien entendu.

    Bien sûr, les enseignes de jardinage en profitent pour nous vendre plein de choses pas forcément utiles, comme les accélérateurs de compost (si on décide de laisser faire la nature, pourquoi ne pas la laisser faire TOUTE SEULE ?) ou toutes sortes d’outils mignons qui n’ont qu’une seule fonctionnalité : c’est dommage. Vous l’aurez compris, ma démarche est de minimiser le nombre d’objets qui m’entourent, donc je ne peux que vous conseiller de faire avec ce que vous avez, d’être inventif et d’acheter seulement en cas de BESOIN, si l’investissement en vaut vraiment la peine.

  • Le composteur d’appartement :
    Quand on habite en ville, ou même dans un village mais dans un appartement, on dispose difficilement d’un terrain où poser notre composteur. Il est quand même possible de faire son petit compost, ô joie !
    Le plus simple est (hé oui) quand on vit seul, ou à deux. Et qu’on a un balcon. Parce m’est avis qu’à l’intérieur, ça peut vite devenir gênant.C’est une astuce que j’ai trouvée grâce à Semer à la folie, et que j’ai ensuite appliquée dans mon nouveau chez moi.

    Matériel :
    – un pot de fleur pas trop petit (je pense que 25-30 cm de haut c’est raisonnable pour commencer). Il doit être percé au fond, pour laisser passer l’eau. Le mien est en plastique, mais si quelqu’un essaie avec un pot en terre, faites le moi savoir, je suis curieuse de voir ce que ça donne!
    – deux coupelles ou assiettes assez grandes. L’une est à poser au sol, comme sous un pot de fleur normal (pour récupérer l’eau), et une à poser à l’envers sur le dessus, pour former un couvercle. Je n’ai pas encore de photos mais ça viendra!

    Ça paie pas de mine comme ça, et ça parait franchement minus, mais pour une personne ça tient la route!

    Déposez le sur votre balcon, dans un coin le moins ensoleillé possible. Ça va chauffer tout seul dedans, si en plus on le mets au soleil ça risque de provoquer de fortes mauvaises odeurs.

    Le tour est joué! Mettez-y vos épluchures et autres déchets organiques qui viennent de la cuisine, le reste se fera tout seul. On a l’impression que ça se remplit très vite, mais les épluchures finissent par se tasser et faire de la place.
    Comme pour un compost de jardin, il vaut mieux le mélanger de temps en temps (toutes les semaines). Alors oui, quand on enlève le couvercle pour mélanger, ça sent pas la tulipe enchantée. Et si, comme moi, vous y mettez surtout du chou, ça va PUER GRAVE. Mais c’est vite fait de remuer un peu, on remet le couvercle et basta, l’odeur reste à l’intérieur. Et les moucherons retourneront aussi à l’intérieur.

    Le « thé de compost« . Comme votre composteur n’est pas en contact avec la terre, l’eau que contiennent les déchets va finir par s’écouler dans la coupelle, au cours de leur décomposition. C’est ce qu’on appelle le Thé de compost. Il apparaît 2-3 semaines après le début du compostage et on peut l’utiliser comme engrais pour nos plantes vertes, en le diluant (1 volume de thé pour 10 volumes d’eau). Il a une couleur brune pas franchement ragoûtante, mais l’odeur est très faible.

  • Le lombricomposteur :
    C’est le même principe que mon petit composteur d’appartement, seulement le processus est accéléré par la présence de lombrics, qui mangent les déchets et les transforment en compost, donc plus rapidement que par fermentation naturelle.
    Il se présente sous la forme d’une petite tour à étages, avec en bas le compost le plus mûr, et en haut les déchets « frais ». Je n’en connais pas très bien le fonctionnement car je trouve que la vie de ces lombrics doit être bien triste, je ne m’y suis donc pas trop intéressée.
    Il peut être utilisé à l’intérieur (gros avantage) et produit lui aussi du « thé ».
    Vous trouverez de plus amples informations ici!

Que mettre dans son composteur ?

Hé ben oui on parle on parle, et au final, on y met qu’on dans notre composteur adoré ?

  • Déchets organiques de la cuisine :
    Épluchures de légumes, pelures de fruits (enlevez les étiqueeeeeettes!), sachets de thé, marc de café, restes de repas gâtés, coquilles d’oeuf (broyées de préférence, surtout pour le compost d’appartement qui est plus petit, elles risquent de mettre trop longtemps à se décomposer), noyaux de fruits (ils sont aussi longs à décomposer)…
    Certains déconseillent d’y mettre des restes protéiques, type viande ou poisson. La première raison est que cela risque d’engendrer de trop fortes odeurs, mais bien enfouis dans le reste du compost, je doute que ce soit si insupportable. La deuxième raison est que cela risque d’attirer les chats du voisinage et autre animaux carnivores…franchement, pendant des années on y a mis tout ce qu’on pouvait dans notre gros composteur, et malgré le fait que tous les chats du voisinage passent leur vie dans notre jardin, on n’a jamais eu de problème concernant le compost. Et si ces chats prennent un bout d’os ou de viande au passage, ça leur fera du bien, ça change des croquettes!
  • Déchets verts :
    Tonte de pelouse, fleurs fanées, mauvaises herbes (on désherbe à la main hein, pas aux désherbants chimiques!), branches broyées, tailles de haies, feuilles mortes…
  • Autres :
    poussière, cheveux, cendres de bois, sciure, fientes de poules si vous en avez dans le jardin (on sait jamais), paille, foin, poils d’animaux…

Comment et quand utiliser son compost

Le compost est à prélever par le fond (Davy Jones aussi il fait comme ça), lorsqu’il a atteint sa maturité. Concrètement, au bout d’au moins plusieurs mois, voire un an complet. Il doit être foncé et sentir l’humus. Il est alors conseillé de le laisser à l’air libre pendant quelques jours et de le tamiser. On ne l’utilise pas tel quel comme terreau de rempotage ou à mettre autour de nos plants de légumes. En effet, il est important de le « diluer » : un tiers de compost et deux tiers de terre. Il pourra ainsi nourrir vos plantes sans les agresser.

Et voilà tout est ready! Bien sûr, l’effet « engrais » ne se voit pas du jour au lendemain, il peut même falloir plusieurs années pour voir un résultat, surtout si votre terre est pauvre à l’origine. Mais ne désespérons pas, les bénéfices sont bien présents, nous avons réduit la taille de nos poubelle d’ordures ménagères, on a créé un petit écosystème de larves et de bactéries trop mignonnes, tout ça dans le plus grand respect de notre bonne Terre!


Mon rêve à moi : des composteurs en ville et pour tout le monde

Imaginez : au pied de chaque barre d’immeuble, de chaque bâtiment d’habitation et même des bureaux, un composteur. Avec poubelles individuelles mises à disposition par les communes (à mettre dans la cuisine, pour descendre les déchets comme une poubelle classique). Des ateliers seraient dispensés par des volontaires pour expliquer aux gens comment ça fonctionne et s’en occuperaient à tour de rôle. Et c’est franchement pas impossible.

D’ailleurs si vous habitez dans un petit immeuble, que vous connaissez vos voisins et qu’ils partagent vos idées vertes, pourquoi ne pas leur proposer ! Il « suffit » de se mettre en relation avec le propriétaire, pour peu qu’il soit intéressé, ça doit pas être si compliqué. Une petite bande de terre battue ou d’herbe et PAF : un composteur commun. Le compost récolté pourrait même servir à faire pousser quelques légumes ou plantes aromatiques dont tout le monde peut disposer! C’est, je pense, un bon moyen pour renforcer les relations entre voisins.
Bien sûr, dans les quartiers les plus défavorisés de grandes villes, le compostage est certainement le dernier souci des habitants, mais dans un quartier « vert » ou bien où les habitants recherchent une ambiance « village », c’est faisaaaable.

Je compte sur vous les gars ! ♥

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